Responsabilités des professeurs

Texte tiré du Guide de référence sur les mesures d’accommodements pouvant être offertes aux étudiants en situation de handicap en contexte universitaire (Philion, Bourassa, Lanaris et Pautel, 2016).

Puisqu’une même situation de handicap a des effets bien différents sur chaque étudiant selon son expérience, ses forces, ses particularités et le contexte d’enseignement du programme dans lequel il est admis, il est important que les professeurs qui souhaitent mieux comprendre une demande d’accommodement engagent un dialogue avec l’étudiant concerné.

Si la mesure demandée par l’étudiant ne permet pas d’atteindre les exigences essentielles du cours, clairement explicitées dans le plan de cours, le dialogue visera à examiner des mesures d’accommodement alternatives. Si nécessaire, le conseiller du service pour les étudiants en situation de handicap, responsable du dossier de l’étudiant, peut y participer.

Pour déterminer quels accommodements proposer en fonction des exigences essentielles à un cours, il faut distinguer les compétences transversales et celles relevant de la discipline.

Les compétences transversales sont souvent définies comme des savoir-faire et des savoir-être qui doivent être mobilisés pour assurer l’atteinte des savoirs disciplinaires. Leur déploiement facilite la construction et la compréhension de ces savoirs, ainsi que leur validation et leur transfert dans différents contextes.

Les compétences disciplinaires visent l’appropriation des savoirs propres à une discipline qui passent souvent, mais pas nécessairement, par des manières précises et nécessaires de démontrer ses connaissances ou d’exécuter une tâche. C’est le cas, entre autres, lorsqu’un étudiant doit ausculter un patient afin de déterminer son état de santé cardiaque.

Diviser ainsi les compétences permet d’examiner les modalités d’évaluation et d’y apporter les ajustements requis. Par exemple, est-ce que démontrer la capacité à effectuer un examen dans le temps prescrit constitue une compétence transversale requise par le programme? Ou encore, est-ce que savoir écrire sans fautes et sans le support d’un logiciel de correction de texte constitue une compétence disciplinaire essentielle dans le programme? Ce qui revient à s’interroger pour savoir à quel moment la compétence se définit comme une exigence essentielle et quand devient-elle une compétence transversale à utiliser.

Voici quelques exemples concrets:

Un étudiant en Sciences infirmières ne pourrait bénéficier de temps additionnel pour réaliser un examen visant l’évaluation de ses capacités à effectuer les manœuvres de réanimation sur un patient.

Par contre, un étudiant en Histoire pourrait utiliser du temps additionnel, si son état le justifie, afin de démontrer par écrit son niveau de compréhension d’un concept donné.

Dans le même ordre d’idée, l’utilisation d’un logiciel de soutien à la correction peut être utilisé par un étudiant en enseignement dans le cadre d’un examen visant à évaluer ses connaissances du développement intellectuel de l’adolescent. Par contre, ce même étudiant ne pourrait y avoir recourt dans le cadre d’une évaluation spécifique de ses capacités à orthographier correctement.